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Fais pas la tête Cena, tu reverras ton titre très bientôt...

Ces derniers temps, on peut dire que les règnes de champion poids lourd ont été de courte durée. A Hell In A Cell, le championnat du monde et le championnat de la WWE ont tous deux changé de main, confirmant la donne actuelle : une ceinture poids lourd ne pèse pas si lourd que ça...

Du changement... A tout prix ?

A Raw, Randy Orton est devenu le nouveau champion de la WWE, mettant fin à un règne de trois semaines de John Cena, qui avait lui-même mis fin à un règne du Legend Killer d'onze semaines, ce dernier réduisant la suprématie de Batista au sein de sa branche à la courte durée de sept jours... Si l'on jette un oeil du côté de Smackdown, l'Undertaker vient de détrôner un CM Punk ayant pu posséder la ceinture de champion du monde poids lourd pendant six semaines, la Straightedge Superstar ayant du battre pour ça Jeff Hardy qui a été champion pendant un mois après avoir dépossédé le même Punk de son titre détenu sept semaines durant.

Vous l'aurez compris, ça bouge souvent du côté des champions, mais souvent entre les mêmes personnes. Pour y voir plus clair, établissons quelques statistiques : pour le moment en 2009, le championnat du monde poids lourd a changé de main à huit reprises tandis que le titre de champion de la WWE n'est pas en reste avec sept changements. Pas un seul catcheur peut se vanter d'avoir eu un règne de trois mois, mis à part Randy Orton. Histoire de donner une certaine idée aux plus jeunes fans qui nous lisent, le titre n'a vu un nouveau détenteur qu'à dix reprises durant les 25 premières années de la compagnie, de 1963 à 1988.

Bien entendu, nous sommes dans une toute autre ère et il est désormais impensable de voir un catcheur posséder le titre suprême pendant quatre ans comme l'a fait un Hulk Hogan ou voire même pendant huit ans comme un certain Bruno Sammartino. Pour ainsi dire, même le règne d'un an de John Cena entre 2006 et 2007 a semblé être une éternité pour certains fans, qui désespéraient de le voir battre continuellement des noms comme Shawn Michaels ou Edge. Pourtant, durant toute cette période, un certain prestige avait instauré grâce à un champion qui ne rendait pas sa ceinture à la première occasion tout en élevant d'autres catcheurs au rang de main eventer, même si ce n'était que pour le temps d'une rivalité. A ce moment, les noms de Umaga, Great Khali ou Booker T étaient liés à des catcheurs présentés de façon suffisamment crédibles pour que l'on puisse leur octroyer une chance de devenir champion.

Crédibilité et prestige font bon ménage

La crédibilité est en effet un point capital de toute rivalité au sommet d'une branche et il est impératif que dans la plupart des cas les prétendants au titre sortent grandis de leur match, ou dans une moindre mesure ne perdent pas leur statut aux yeux des fans. Aujourd'hui, voir CM Punk perdre en dix minutes chrono face à l'Undertaker dans un match où il n'a jamais semblé avoir une chance a considérablement atteint le statut de la Straightedge Superstar, alors qu'un combat où il aurait perdu avec les honneurs, faisant souvent statut quo avec le Phenom, aurait grandement aidé le catcheur de trente ans à se forger une réputation solide.

Il en va de même pour Randy Orton et John Cena : John Cena capture le titre à Breaking Point, mais le perd trois semaines plus tard face au même homme. Quelle importance après tout ? Ils vont remettre ça à nouveau dans trois semaines, et il se pourrait bien que Cena récupère à son nouveau "son" bien... Il est en effet désormais quasiment impensable de voir une rivalité dans une division poids lourd sans pour autant y voir un changement de titre à au moins une reprise. C'est ainsi que vous vous retrouvez avec deux des plus grosses stars de votre plus grosse branche se battre entre eux sans que l'on donne véritablement de l'importance à qui pourra sortir vainqueur du combat. A vrai dire, la même rivalité aurait eu lieu sans la ceinture en jeu que cela n'aurait pas changé grand chose à nos yeux. Heureusement, je suis dans un bon jour : je vais donc prendre le soin d'expliquer certaines notions aux dirigeants de la WWE, s'ils veulent bien m'écouter...

Garder le meilleur pour la fin

Tout d'abord, l'Attitude Era est loin derrière nous. Reproduire les statistiques de l'année 1999 qui a connu 12 changements de champion n'apportera strictement rien. Ce n'est pas comme si nous avions aujourd'hui autant de stars du calibre d'un Stone Cold, Rock, Mankind, Triple H ou Undertaker au sein d'une même branche. Ensuite, vouloir à tout prix les plus grandes stars être à l'affiche d'un match de championnat toutes les trois semaines n'a rien de bon. Non seulement le staff créatif se sent obligé de contenter tout le monde en donnant le titre à l'un puis l'autre, mais cela gâche complètement le prestige qui aurait pu être lié à une affiche inédite (ou presque).

Qui voudra un jour revoir un Orton / Cena à Wrestlemania alors qu'ils se sont affrontés une dizaine de fois en moins de trois ans ? Quasiment personne. Dans la même optique, des affiches potentiellement inédites comme Cena / Batista ou Batista / Orton ont été gâchées dans des contextes nullement bénéfiques aux hommes impliqués tout simplement parce que les évènements ont été précipités. Vous souvenez-vous de la WCW en 1997 ? La compagnie avait laissé entrevoir un affrontement entre Sting et Hulk Hogan pendant... Un an, avant d'organiser pour de bon la rencontre. Starrcade de cette année avait établi un record de ventes de Pay Per View pour la fédération à cette occasion alors que le Stinger battait Hollywood Hogan pour devenir le nouveau champion du monde.

Oui, faire bouillir d'impatience les fans puis les faire attendre encore un peu plus lorsqu'ils sont plus que prêts à voir une rivalité se dérouler sur un ring fait partie du jeu dans l'univers du catch. Même si le match peut alors décevoir, vous obtenez malgré tout une salle surchauffée compensant largement le niveau technique affiché. Maintenant, avec les multiples affrontements entre Triple H, Cena et Orton, la WWE vient de gâcher beaucoup de cartouches potentielles quant à ses prochains matchs à Wrestlemania.

Varier les affrontements

Sans pour autant toucher au faible écart qui sépare deux Pay Per View dans la durée, organiser des rivalités mineures destinées au court terme est un excellent moyen de tester des catcheurs quant à leur aptitude à intégrer le main event. Sur une année, nous pourrions voir des matchs opposant Randy Orton à MVP, Mark Henry, Kofi Kingston et Evan Bourne puis John Cena à Jack Swagger, The Miz, Chavo Guerrero avant de passer un cap en impliquant les Batista, Triple H et Shawn Michaels dans les trois-quatre Pay Per View ayant un tant soit peu de prestige... Idem à Smackdown, où Matt Hardy, Mike Knox, Dolph Ziggler ou John Morrison mériteraient un match de championnat une fois dans l'année, pour peu bien sûr que la rivalité soit savamment préparée afin de rendre le challenger crédible...

D'autant plus que la foule aime supporter le petit poucet d'un match ! Avec un tel système, vous préparez les jeunes talents à gravir les échelons tout en permettant des règnes de plusieurs mois. Qui plus est, vous préservez les affiches entre stars pour les occasions prestigieuses, augmentant par la même occasion le nombre d'achats d'un show puisque l'exclusivité d'un affrontement étant à elle-seule un sacré motif d'attraction. La patience est mère de toutes les vertus, dit-on... La WWE ferait bien d'y songer sérieusement, car actuellement posséder un titre poids lourd manque sérieusement de prestige et ne signifie plus grand chose !

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