Ceci est la table décisive... Qui va passer à travers ?
Ceux qui aiment les changements des titres vont être ravis ! TLC a offert son lot de nouveaux champions, puisque 50% des ceintures ont jeu ont changé de détenteur... Saurez-vous les deviner avant de lire la suite ?
Ladder Match pour le championnat de la ECW : Christian (C) / Shelton Benjamin
Lorsqu'il s'agit de trouver des challengers à Christian, champion de la ECW, la question devient assez épineuse sachant que l'homme détient le titre depuis le mois de juillet et que la branche ne dépasse pas la dizaine de prétendants possibles. Toutefois, un homme restait encore en lice : Shelton Benjamin. On pourrait se dire que la victoire du Gold Standard était assurée, alors que le stock des rivaux était presque épuisé pour Captain Charisma et qu'un renouvellement était donc nécessaire. Mais ce renouvellement est aussi l'un des récents principes de la ECW, et par conséquent un nouveau venu comme Vance Archer peut rapidement se retrouver propulsé dans une rivalité avec le champion... Rien n'est joué donc, et avec la stipulation du match à échelle, les deux acteurs devraient avoir les armes pour briller !
Mis à part un scénario très moyen, on ne peut pas reprocher grand chose au match une fois que la cloche a sonné. Bien que le public ait eu du mal à se mettre dans l'ambiance au départ, le champion et son adversaire offrent un beau spectacle avec la dose de prises techniques et de contres renversants. Il manque un soupçon de folie dans le combat, où quelques approximations viennent gâcher la fête, mais difficile d'en vouloir à un Christian qui peine à s'élancer immédiatement dans un Hurricanrana contrant un Sunsetflip Powerbomb exécuté du haut d'une échelle, par exemple, alors que le Gold Standard a du marquer un temps d'arrêt pour permettre à son rival d'effectuer sa prise.
Et même si les autres attaques n'ont rien de transcendant par rapport au Ladder War 2 de ROH Glory By Honor 8 par exemple, les risques pris sont bel et bien là , et sachant que nous sommes à la WWE, on ne se plaindra pas ! Et la blessure au visage de l'Instant Classic montre bien que n'importe quel impact lorsqu'une échelle est impliquée peut être sérieux. Au final, c'est donc un très beau match que nous offrent Benjamin et Christian, et on évitera de pinailler sur les quelques détails négatifs, car ce n'est pas tous les jours que la ECW effectue une démonstration aussi efficace de son talent ! Le champion conserve son titre après avoir pris soin de déposer le Gold Standard délicatement sur l'échelle coincée entre le bord du ring et la table des commentateurs.
Le top : Les organisateurs ont octroyé pas loin de 20 minutes à la ECW, laissant Christian et Shelton démontrer que la ECW n'était pas qu'une branche de catcheurs en développement.
Le flop : Le coup du nettoyage du sang sur le visage de Christian au nom de la sacro-sainte règle du programme pour tous publics. Cela avait sa place dans l'Iron Match entre Cena et Orton, mais certainement pas ici. Plus que le ridicule lié à la situation où Shelton n'a pas su quoi faire pour combler ce trou dans le match, ce fut un véritable coup d'arrêt dans un combat dont le rythme venait tout juste de se mettre en place, et la conséquence directe fut que les deux acteurs eurent du mal à reprendre...
Vainqueur : Christian ; Note : 15/20
Championnat intercontinental : John Morrison (C) / Drew McIntyre
Détenteur du titre depuis le mois de septembre, John Morrison n'a pas, assez paradoxalement, connu d'autre rival majeur que Dolph Ziggler. L'arrivée de Drew McIntyre sur le chemin du Shaman Of Sexy va t-elle permettre de donner un peu de poids à son règne, ou bien s'agit-il au contraire d'écrire une première ligne au CV de l'écossais que l'on promet donc à un avenir brillant ?
Après le précédent combat, force est de constater que celui-ci fait plutôt pâle figure. Et même par rapport à leur précédent affrontement à Smackdown, ce match-là peut souffrir de la comparaison. McIntyre et Morrison sur un même ring, ça ne prend pas vraiment. Dommage en un sens, car le champion a une certaine prestance a vouloir prendre le dessus sur son rival et démontrer sa supériorité. Malheureusement, de trop nombreuses approximations dans les prises - le Guru Of Greatness étant loin devant avec 4 ratés - cassent complètement la crédibilité de l'affrontement. Je n'adhère pas, et le public non plus. Enfin, à en croire son silence, tout du moins. L'écossais capture alors son premier titre intercontinental grâce à une pseudo-fourchette dans les yeux suivie de son Kobashi DDT.
Le top : Nouveau champion, nouvelles perspectives de rivalités. Rey Mysterio et Matt Hardy constituent deux challengers que je ne refuserais pas de voir dans les semaines à venir !
Le flop : Un affrontement sans saveur à travers lequel personne n'y gagne. Il n'y a plus qu'à espérer que McIntyre saura se faire détester à souhait et que Morrison passe (avec l'aide de Jericho ?) au rang supérieur avec succès...
Vainqueur : Drew McIntyre ; Note : 8/20
Championnat féminin : Michelle McCool (C) / Mickie James
Mickie "Country" James cherche à prendre sa revanche sur Michelle "AJ" McCool. Dans cette histoire, le titre en jeu en deviendrait presque anecdotique, mais on pardonnera le staff créatif qui a pour une fois fait l'effort de donner un minimum d'exposition aux deux catcheuses... Même si la trame de fond n'est pas si éloignée que ce qui nous a été proposé précédemment si l'on creuse un tant soit peu.
Et si l'on souhaitait creuser véritablement creuser durant le match, nous tomberions sur... du vide. James a passé la première moitié du match à chasser son adversaire, tester sa force, effectuer des tombés rapides... Mais le catch ici n'était réellement pas mis en avant. Le total des prises exécutées n'a pas dépassé le triste chiffre de 5, alors que les interventions de Layla n'ont strictement rien apporté, si ce n'est de plomber encore plus le rythme du match.
Pour autant, le public fut de la partie et a soutenu une bonne partie du match la challenger. Comme quoi, un scénario peut faire des miracles pour vous apporter les faveurs ô combien précieuses de la foule. Mais au final, nous n'avons donc réellement pas grand chose à nous mettre sous la dent. McCool l'emporte avec un Big Boot suite à une distraction de sa complice.
Le top : Pour une fois, le public fut de la partie. Enfin, rien de comparable à un Rock / Hogan de Wrestlemania 18, mais par rapport aux précédents matchs de Divas, on constate que l'usage d'un bon vieux scénario fait toute la différence de ce point de vue...
Le flop : ...Mais pour une fois que les ingrédients sont réunis, ce sont les catcheuses qui ne peuvent pas assurer le strict minimum pour offrir un match correct.
Vainqueur : Michelle McCool ; Note 7/20
Tables Match pour le championnat de la WWE : John Cena (C) / Sheamus
La nouvelle a provoqué une sacrée vague chez les fans de catch. Rien à voir avec l'annonce de la signature de Hulk Hogan par exemple, mais le fait est que l'officialisation du statut de challenger n°1 pour le titre de la WWE de Sheamus n'a laissé personne indifférent. Certains ont crié au scandale, jugeant l'opération bien trop précoce et allant parfois jusqu'à citer le favoritisme lié à Triple H, tandis que d'autres ont pris l'information avec le sourire, accueillant avec joie la possibilité de voir une nouvelle tête dans le main event. Dans tout ce remous, le scénario développé a été élaboré tout autour de l'irlandais afin de lui construire une attitude assez crédible en l'espace de trois semaines, histoire que l'on ne nous présente pas la tâche comme trop facile pour l'expérimenté Cena...
Pourtant, c'est bien lui qui démarre le match sur les chapeaux de roue, montrant au "bleu" qu'à ce niveau-là , ça ne rigole pas. Sheamus peine à répliquer, mais lorsqu'il y parvient, ça fait mal ! Les deux catcheurs présents ne sont toutefois pas là pour nous offrir un récital technique, et leur petite escapade au sein de la foule est bien là pour le montrer : il s'agit de déterminer qui frappe le plus fort pour ensuite placer stratégiquement une table.
Alors que le combat est équilibré, Cena parvient malgré tout à placer son adversaire sur la troisième corde, le rejoignant alors, afin d'effectuer une Superplex à travers une table placée au centre du ring. Cependant, ce sera bien le Champ qui s'écrasera sur le bois, ayant bêtement perdu l'équilibre... Oui, cela signifie donc que le Celtic Warrior est champion de la WWE. Et non, pas besoin de relire cette phrase, car vous avez bien lu.
Le top : J'ai adoré le moment où Cena a traversé la table : un silence de cathédrale s'en est suivi, tout le monde ne sachant vraiment si le faible impact sur l'objet suffisait pour déclarer Sheamus vainqueur. Même l'arbitre a semblé peser sa décision, constituant un suspens certes court mais plutôt intense... Mais au final, pas de doute : l'irlandais est bel est bien champion, réalisant là quelque chose que peu de gens voyaient... Et c'est tout simplement pour ce genre de moment - où je fus moi aussi sous le choc pendant quelques secondes - que je continue de regarder du catch !
Le flop : ... Mais il n'empêche que ce final fut ambigu, Cena en équilibre sur la troisième corde se jetant sur la table alors que Sheamus ne le pousse pas... Est-on censé croire à une perte d'équilibre quand on bondit à cette distance ? Cela ne va pas nécessairement aider le nouveau champion dans sa quête de crédibilité !
Vainqueur : Sheamus ; Note : 11/20
Chairs Match pour le championnat du monde poids lourd : Undertaker (C) / Batista
Le retour de l'Animal Batista dans le main event était une suite assez logique après sa victoire sauvage sur le pauvre Rey Mysterio. D'autant plus que Dave s'est retrouvé certains travers qui l'ont rapidement mené à une attitude heel qui a fait sa force à ses débuts. Cela tombe bien, l'Undertaker était en manque d'adversaires, après avoir écarté CM Punk et le duo Show / Jericho ! Pour autant, la trame de fond développée entre les deux hommes est on ne peut plus rudimentaire, on pourra tout juste remercier Batista pour deux promos heels bien senties et quelques altercations entre le Phenom et son challenger qui ont donné le ton pour ce soir.
Pour être honnête, j'ai été déçu du combat. Non pas que j'en attendais des monts et des merveilles, mais ces deux hommes sont des professionnels censés savoir comment développer un match pour le rendre attractif. Ici, nous avons juste eu droit à une succession de passages impliquant avec plus ou moins de succès des chaises, et je n'ai pour ma part pas véritablement suivi son développement. Le public a malgré tout répondu présent au sein des 15 minutes du match dans lequel il y eut au final assez peu de spectacle et de technique.
Non, ce qui vaut véritablement le coup est ce final, où Batista triche de façon éhontée, attaquant l'Undertaker avec un Low Blow pendant que l'arbitre détournait le regard. S'en suit un violent coup de chaise et voilà l'Animal... Champion ! Enfin, c'est ce que l'on présume pendant quelques secondes, mais Teddy Long arrive pour nous faire un coup similaire à Breaking Point, cette fois-ci en faveur du champion en titre : les Low Blow sont illégaux, le match doit donc recommencer. Il n'en fallait pas plus pour le Deadman pour enchaîner en deux temps-trois mouvements avec son patenté Tombstone Piledriver afin de conserver sa ceinture...
Le top : Malgré une certaine incohérence, cette stipulation basée exclusivement sur les chaises est loin d'être mauvaise, et mériterait de s'y attarder à l'avenir...
Le flop : ...Mais comment jouer sur l'illégalité d'un Low Blow dans un match sans disqualification ? J'ai du oublier une règle primordiale dans mon Code de la Lutte... Et jouer sur l'aspect "Screwjob" une fois de plus serait limite !
Vainqueur : Undertaker ; Note : 10/20
Randy Orton / Kofi Kingston
Rien de tel qu'un Randy Orton pour vous propulser un nouveau catcheur cherchant à faire oublier sa pseudo-nationalité jamaïcaine ! Kingston a en effet su hausser le ton ces dernières semaines, faisant parfois jeu égal avec le Legend Killer. Pourtant, la rivalité commençait déjà à s'essouffler avant leur confrontation de ce Pay Per View, la faute probablement à trois oppositions sur le ring qui n'ont rien montré d'extraordinaire : nous sommes alors en droit de nous demander si les deux catcheurs sauront faire mieux maintenant !
Sincèrement, la réponse pourrait varier d'une personne à l'autre, car la perception du match me semble très subjective et repose essentiellement sur le fait que l'on soit attaché au personnage du ghanéen ou non. Si c'est le cas, vous aurez vu de très beaux efforts du catcheur, mettant à mal un Orton pourtant globalement implacable. Celui-ci a fait part de son expérience (à la fois sur le plan réel et scénaristique) pour démontrer à tous que Kingston ne s'attaquait pas à n'importe qui ce soir, et que le moindre erreur pouvait se payer cash.
C'est d'ailleurs ce qui s'est passé au final, alors que le Legend Killer a pu éviter un deuxième Trouble In Paradise avant de contrer avec un RKO fatal. Un match bourré de rebondissements, une jolie exposition technique, le tout empreint de ce genre de scénarios personnels ont rendu ce combat agréable à observer, bien que l'on regrettera les réactions parfois un peu trop timorées des fans.
Le top : Le Dropkick à l'extérieur du ring d'Orton fut vraiment sensationnel, cette riposte faisant déjà suite à un très bel enchaînement acrobatique de Kingston. Définitivement l'une des scènes à retenir ce soir !
Le flop : Difficile de trouver un gros défaut à ce match, voire à l'ensemble de la rivalité. Pour autant, celle-ci a manqué considérablement du "truc" qui fait que l'on sait que l'on assiste à quelque chose de grand. Au final, cette opposition entre un catcheur assez récent et le top heel de Raw de 2009 aurait presque pu paraître banale, alors qu'elle aurait du avoir l'ambition de prétendre au titre de rivalité de l'année...
Vainqueur : Randy Orton ; Note : 13/20
TLC Match pour les championnats par équipe : Chris Jericho & Big Show (C) / D-Generation X
Dès la reformation de D-Generation X, bon nombre de fans se sont mis à rêver d'une possible opposition aux champions déjà dominants à l'époque, Chris Jericho & Big Show. Quatre mois après, nos vœux sont exaucés et les quatre participants ont pu nous offrir de belles promos - bien que j'ai résolument du mal à me faire à cet aspect marketing de DX amplement assumé de la part de Shawn Michaels et Triple H. Même si l'intensité de cette rivalité à venir n'a jamais vraiment décollé les semaines précédents TLC, l'anticipation fut telle que pour ma part, je n'en réclamais guère plus aux principaux concernés. Leur charisme et leur passif ont suffi à fournir le reste, nous donnant presque toutes les garanties d'un succès avant l'heure !
Malgré tout, ce main event commence... Lentement. Très lentement. Triple H s'occupe de Show hors-caméra tandis que Chris Jericho et Shawn Michaels nous propose un combat assez brouillon. Le public ne répond pas présent, et on commence à s'inquiéter de la qualité du match. Il faudra bien cinq bonnes minutes et surtout l'apparition des ustensiles autorisés dans ce TLC pour voir le niveau du combat monter d'un cran. Non pas grâce à un catch technique assez trivial pour sa part, mais bien pour le savoir-faire des quatre hommes et à un sens acéré du spectacle.
La présence du Big Show permet d'ajouter ce facteur puissance non pas inédit mais suffisamment rare dans cette stipulation pour être apprécié à sa juste valeur. Et que dire de sa facilité déconcertante à casser toutes ces échelles ? Le manque de ces objets valides permettra au final des passages originaux, comme Jericho en équilibre sur les épaules du World's Largest Athlete (avec une préférence pour le cirque de Pékin quant à ce genre de démonstration) ou encore Hunter tenant une moitié d'échelle pour permettre à son partenaire d'escalader sans encombre ledit objet et accessoirement de décrocher les ceintures. Oui messieurs dames, nous avons deux nouveaux champions par équipe : D-Generation X !
Le top : Du grand spectacle durant un peu plus d'un quart d'heure. On ne s'en lasse pas !
Le flop : DX champion... OK, mais qui pour les affronter, sachant que Shawn Michaels est dans l'incapacité de tourner les épisodes de Smackwon le mardi ? Faut-il déplacer la Hart Dynasty pour rendre une future opposition possible ?
Vainqueur : D-Generation X ; Note 15/20
Conclusion
Moins de blabla, plus de catch : 15 minutes fut la durée moyenne d'un match ce soir ! Incidemment, la démonstration technique fut plus présente ainsi qu'une construction des combats bien pensée pour la majorité des cas. Contrairement aux attentes notamment liées à la grosse déception qu'a constitué le PPV Hell In A Cell, TLC fut une assez agréable surprise, exploitant assez finement la stipulation du TLC en le sous-divisant en trois parties. Le grand bénéficiaire de la soirée sera l'ECW qui, même si son match a obtenu une note similaire au main event, partait de plus loin pour offrir une performance de ce niveau. Maintenant, la question est de savoir si la WWE saura correctement exploiter ceci pour renouveler sa troisième branche en perte de vitesse ces derniers temps. TLC sera aussi le PPV du renouveau, avec deux nouveaux catcheurs ayant capturé assez rapidement des titres majeures avec McIntyre pour le titre intercontinental et surtout Sheamus pour la ceinture de champion de la WWE. Doit-on vraiment compter sur eux à l'avenir - et surtout Wrestlemania qui approche, mine de rien - ou s'agit-il tout simplement d'une simple période de transitions pour retrouver nos stars habituelles ? Pari tenu pour la compagnie, qui nous incite désormais à regarder les prochains épisodes...
Note générale : 13/20
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