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Hommage discret et subtil de DX à X-Files.

Chaque catcheur a son point de rupture. Mais certains n'ont pas encore eu l'occasion de le montrer au cours de leur carrière et nul doute que certains ont du craquer lors de Breaking Point, le premier Pay Per View de la WWE mettant en avant le principe des soumissions. Quels sont les résultats du show ?

Championnat unifié par équipes : Chris Jericho & The Big Show (C) / MVP & Mark Henry

L'œil attentif, le nez humant, la bouche légèrement entrouverte... Pas de doute, Henry est concentré à bloc. Qui a déposé un steak sur le ring ?

Avec un championnat par équipes en voie de guérison, Jericho & Show tenteront de poursuivre leur ascension en affrontant un duo inédit mais intéressant constitué de MVP & Mark Henry. Le public semble en forme en ce début de Pay Per View, mais a plutôt tendance à supporter les champions au lieu des challengers. Fait assez perturbant mais qui n'a pas grand chose d'étonnant si l'on prend en compte que le public canadien a une perception légèrement différente du divertissement par rapport aux américains... Quoi qu'il en soit, les deux équipes nous offrent une prestation technique solide mais le spectacle peine à trouver son rythme de croisière... Au final, nous avons plus droit à un match d'école où l'on travaille les différentes phases entre les quatre acteurs qu'à un véritable match de championnat où les enjeux sont tels qu'un brin de folie pourrait y être apporté. Ajoutons à cela une fin de match peu crédible où Mark Henry reste inconscient plus d'une dizaine de secondes suite au Knockout Punch du Big Show, ce qui permet à Jericho d'effectuer le tombé victorieux, et nous obtenons un match regardable mais qui ne restera certainement pas gravé dans nos mémoires !

Le top : Belle prestation de MVP qui vient rattraper sa mauvaise performance de Summerslam. Que l'homme apprenne à être désormais plus régulier dans ses actions s'il veut convaincre les organisateurs !

Le flop : Il faudra désormais intégrer de véritables scénarios mêlant enjeux personnels et professionnels à ces matchs de championnat sous peine d'enlisement de la division. Mais difficile d'agir de la sorte lorsque les champions sont opposés à des alliances temporaires de catcheurs... Dieu Jericho, sauve nous !

Vainqueurs : Chris Jericho & The Big Show ; Note : 10/20

Championnat des USA : Kofi Kingston (C) / The Miz

Miz est tellement awesome qu'il peut utiliser son iPhone© imaginaire n'importe quand

Match ajouté à la dernière visant à remplacer un championnat intercontinental pas assez prêt pour le show, aura t-on droit à un minimum de spectacle ? Sur le papier, le Miz et Kingston ont le niveau pour... Malheureusement pour eux, ils partent avec un sacré handicap dans la mesure où il est difficile de s'intéresser pleinement à un match au scénario inexistant !  La foule confirme d'ailleurs rapidement mes dires alors qu'elle ne se contente que de timides réactions. D'ailleurs, le moment où on l'entendra le plus sera... Avant le match, alors que le Miz entamait un discours en français (merci Maryse) ! les deux catcheurs ne sont pas de grands techniciens mais leur prestation reste honorable. Qui plus est, force est de constater que le déroulement du combat est loin d'être déplaisant, surtout en prenant en considération le fait que Miz et Kingston ont du avoir moins de 24 heures pour préparer leur match, qui a certainement été improvisé lors de certaines phases. Kofi Kingston parvient à conserver son titre avec un Trouble In Paradise qui conclut une fin de match assez folle qui ne relèvera pas pour autant le niveau global du combat où les transitions furent très laborieuses. Pour autant, impossible de blâmer les catcheurs : la faute revient au staff créatif !

Le top : Un match comme celui-ci a au moins eu le mérite de montrer le talent de Miz et Kingston, capables d'assurer une bonne performance malgré le faible temps de préparation...

Le flop : ... Mais au final, personne n'y gagne dans une telle situation, et surtout pas le Miz. Après sa rivalité ridicule face à John Cena, le relooking du personnage laissait entrevoir un regain de crédibilité au moment de l'intégrer dans la division américaine. Malheureusement pour lui, il n'en est rien alors qu'il se retrouve victime des circonstances dans lesquelles il a été intégré dans un match de championnat sans pour autant avoir été présenté comme une menace sérieuse ne serait-ce qu'un seul instant.

Vainqueur : Kofi Kingston ; Note : 8/20

Submissions Count Anywhere : D-Generation X / Legacy

Pour la énième fois, Hunter : oui, nous sommes prêts... Tu doutes de toi ou bien ?

Le tandem dégénéré de retour depuis Summerslam affronte à nouveau Cody Rhodes et Ted DiBiase dans un type de match totalement nouveau : le Submissions Count Anywhere ! Les catcheurs pourront donc circuler librement dans l'arène, voire en dehors s'ils le souhaitent et appliquer n'importe où une prise de soumission afin de remporter la victoire. Évidemment, un tel type de match implique que nous n'assisterons pas à un match par équipes classique : les quatre acteurs combattent en même temps ! Legacy et DX traversent donc de part en part l'arène et appliquent dès qu'ils le peuvent une prise de soumission, Ted DiBiase restant en retrait sur ce point. Son partenaire, par contre, confirme ce qu'il a laissé entrevoir face à John Cena lors du précédent Raw : il brille sur le plan technique ! Je dois bien avouer avoir été très agréablement surpris par sa prestation et sa très bonne exécution des prises de soumissions les plus célèbres. Espérons que les scénaristes remarquent aussi ceci et continuent de mettre en avant cet aspect du catcheur. Par contre, je ne sais pas pour vous, mais j'ai plutôt trouvé ridicule le Sharpshooter appliqué par Triple H à travers une chaise, où Rhodes était censé trouver douloureux le fait de croiser lui-même ses jambes qui étaient tout juste relevées...  Mis à part ceci, le spectacle a offert de bons moments suffisamment régulièrement pour éclairer une évolution du combat bien trop brouillonne pour pouvoir accrocher le long du match. C'est le défaut de ce type de match en équipe, on ne peut pas toujours savoir où donner de la tête ! Difficile de juger l'engouement des fans présents, certains étant à fond dans le spectacle tandis que d'autres se contentaient de hurler systématiquement "You screwed Bret", présence de Shawn Michaels à Montréal oblige. Les autres fans assis dans l'arène ne pouvaient quant à eux véritablement supporter un match qu'ils voyaient plus souvent sur l'écran géant que sur le ring. Le final du match s'avère être très intelligent tandis que Rhodes et DiBiase parviennent à mettre Triple H hors de combat avant de s'occuper de Shawn Michaels qui subit une double prise de soumission constituée d'un Figure Four Leg Lock autour d'un poteau du ring et du Million Dollar Dream. Le Showstopper ne peut tenir suffisamment longtemps et abandonne pour une victoire pleine de prestige de Legacy !

Le top : Le temps où l'on peut enfin considérer Priceless avec intérêt est enfin venu et pour l'occasion, Cody Rhodes a enfin pu montrer autre chose que de simples attaques pernicieuses dignes d'un heel lâche et faible !

Le flop : Finalement, ce Submissions Count Anywhere entre deux équipes n'a pas convaincu dans la mesure où il est trop difficile de suivre - et surtout comprendre - l'action. Par contre, cette stipulation pourrait se voir offrir une seconde chance dans un match en un contre un...

Vainqueurs : Legacy ; Note : 10/20

Singapore Cane Match : The Great Khali / Kane

Soudain, Khali stoppa net son attaque et se demanda : "Pourquoi toute cette violence ?"

Le Great Khali, alors qu'il a pu montrer dans les vestiaires ses capacités dans un véritable combat face au Big Show, aura l'occasion d'étoffer son panel d'attaques muni d'une canne en bambou, arme autorisée dans ce match spécifique. En face se trouve le diabolique Kane qui a déjà eu l'occasion de battre le Punjabi Playboy lors de Summerslam. Qui remportera ce duel de monstres ? Si cette question importe vraiment à certains des lecteurs, sachez que Kane a encore remporté le match grâce à Chokeslam impressionnant sur le géant indien. Le reste du match fut assez insipide avec peu de spectacle malgré l'apport potentiel des armes, mais les attaques ne furent en aucun cas innovantes. Un coup de canne par-ci, un autre par-là... Un public certainement parti récupérer du pop-corn, une technique inexistante et le peu de spectacle offert (et l'intervention de Ranjin Singh ne sauvera pas la mise) ne viendront donc certainement pas relever le faible scénario de cette rivalité.

Le top : Un beau Chokeslam de Kane, pour sûr.

Le flop : Alors qu'un éventuel Punjabi Prison pouvait se montrer intéressant, je redoute désormais le prolongement de cette rivalité qui n'a pas su rebondir avec ce match.

Vainqueur : Kane ; Note : 4/20

Championnat de la ECW : Christian (C) / William Regal

Montréal, nouvelle capitale de la mode. Ou pas.

Christian, le champion de la ECW, parviendra t-il à relever le défi titanesque qui s'annonce à lui alors qu'il devra certainement affronter - en plus du britannique - Ezekiel Jackson et Vladimir Kozlov, alliés de William Regal ? Tiffany, General Manager de la branche, apporte avant le match un début de réponse : le duo en slip rouge sera banni du match et ne devra en aucun cas accompagner leur leader sous peine de disqualification de ce dernier... Avec une telle optique, difficile de ne pas imaginer Captain Charisma sortir vainqueur, à moins de vouloir redonner un lot considérable de crédibilité auprès du King Of The Ring 2008... Mais en a t-il réellement besoin ? Certains diront que non, mais le fait est que pour beaucoup Regal n'est rien d'autre qu'un jobber, alors qu'il est en réalité est un extraordinaire technicien. Le staff créatif a donc trouvé le compromis idéal dans ce match : laisser la ceinture au champion actuel tout en lui donnant du fil à retordre avec un challenger agressif et efficace face à lui. Le moins que l'on puisse dire est que la performance de l'anglais a du en scotcher plus d'un. Nous avons même eu droit à la Regal-Plex que je n'avais pas du revoir depuis plus de quatre ans si je ne m'abuse. Cette prise, inventée par Regal, est un "régal" technique et visuel ! Bien que dominé, Christian a eu l'occasion d'utiliser la majorité de son arsenal lorsque les opportunités se sont présentées. Nous obtenons donc au final un match très agité avec de l'action, de la technique et un public qui a accroché la plupart du temps, le tout conclu avec l'inévitable Killswitch de Captain Charisma qui a mis fin aux offensives de Regal... Pour le moment ?

Le top : William Regal aura enfin eu l'occasion de montrer toutes ses capacités dans un match ! Il faut remonter à 2002 pour revoir un match aussi technique et brutal de celui qui a formé Bryan Danielson (que l'on verra au passage tout bientôt du côté de la WWE)...

Le flop : Pas grand chose à reprocher au final, les deux catcheurs pouvaient difficilement faire mieux. Le regret principal sera donc que le match n'ait duré que 10 minutes, alors que le double de temps aurait été accueilli les bras ouverts, surtout que Regal et Christian ont l'endurance nécessaire.

Vainqueur : Christian ; Note : 14/20

I Quit Match pout le championnat de la WWE : Randy Orton (C) / John Cena

Non John, tu ne te regardes pas dans un miroir...

Randy Orton remet son titre de champion de la WWE en jeu face à John Cena cette fois-ci dans un I Quit Match. Après la controverse lors de leur affrontement à Summerslam, cette stipulation s'avère logique et devrait permettre, espérons-le, du spectacle. A vrai dire, nous sommes sacrément servis de ce côté-là ! Plus qu'un match de catch, nous assistons à une longue scène d'un film d'action où le héros du film est malmené par le vilain, ce dernier frappant à sa guise sa victime, allant jusqu'à le menotter, le fouetter, l'étrangler... Mais notre héros, rempli de ces bonnes vieilles valeurs américaines, persévère et n'abandonne pas, quel qu'en soit le prix. Cette trame résume les 15 premières minutes du match où certains anti-Cena y trouveront probablement leur compte. Malheureusement pour ces derniers, John Cena parvient à renverser la situation d'un surpassement, à récupérer la clé de ses menottes et à les utiliser à son avantage grâce à force de super-héros : malgré tout ce qu'il a subi, il résiste d'un bras à la pression exercée par un Orton tirant sur la chaîne avec ses deux bras. Malheureusement pour le leader de la Legacy, il n'est pas Cena : il se retrouve rapidement pris dans les mailles d'un STF légèrement modifié alors qu'Orton s'étrangle avec son propre bras, tiré par la chaîne des menottes reliant les deux hommes. C'en est trop pour lui : il dicte les mots "I quit" en un rien de temps d'une voix claire et limpide malgré un étranglement qui semble insupportable. Nous avons un nouveau champion de la WWE, John Cena ! Vous l'aurez compris, j'ai difficilement accroché à l'histoire racontée dans ce match, mais nul doute qu'elle a fonctionné auprès des plus jeunes. Soyons honnêtes, le spectacle était présent, mais il ne viendra certainement pas compenser la faiblesse technique allié à une réaction mitigée des fans, pas vraiment pour Cena mais ne supportant pas plus le Legend Killer...

Le top : Beaucoup de spectacle - certes digne d'un film sortant directement en DVD - aidé par les bonnes performances d'acteur de Cena et Orton...

Le flop : ... Mais attendez voir, nous étions censés voir un combat de catch, si je ne m'abuse, où sont passées toutes les prises techniques auxquelles nous aurions du avoir droit ?

Vainqueur : John Cena ; Note : 9/20

Submission Match pour le championnat du monde poids lourd: CM Punk (C) / Undertaker

Je pourrais faire une blague sur le fait que Punk a succombé à la tentation de certains "produits" de Hardy, mais je m'abstiendrais. Ce n'est pas mon genre...

L'Undertaker est de retour ! Après quatre mois d'absence, le Phenom a choisi Breaking Point pour refouler les rings, et c'est donc bien entendu CM Punk qui se retrouve sur son chemin. Les deux s'affrontent dans un Submission Match qui s'annonce difficile pour le champion, le Deadman n'ayant tout simplement jamais abandonné de toute sa carrière... L'Anaconda Vise sera t-il suffisant ? Croyez-le ou non, la réponse est... Oui ! Explications : le match démarre d'une façon lente, et pour ainsi dire le rythme tarde à s'accélérer. Nous nous retrouvons alors subitement avec le champion pris au piège dans le Hell's Gate : il abandonne en quelques secondes ! Regardons le chronomètre : nous n'avons même pas atteint la barre des 9 minutes. C'est donc tout ? L'Undertaker repart avec la ceinture autour de la taille aussi rapidement ? Non, fort heureusement... Teddy Long vient interrompre la célébration du Phenom en lui annonçant que, malgré lui, l'interdiction du Hell's Gate instaurée par Vickie Guerrero est toujours en place et que par conséquent il ne peut remporter un match avec cette prise bannie. Le match doit donc recommencer ! C'est ainsi que, une minute et des poussières plus tard, la Straightedge Superstar parvient à verrouiller son Anaconda Vise sur l'Undertaker qui se débat mais... L'arbitre fait sonner la cloche immédiatement, alors que le challenger n'a même pas abandonné ! Celui-ci donne la ceinture à CM Punk et s'enfuit dans la foulée, dans ce qui constitue à mes yeux une mauvaise parodie du Montreal Screwjob de 1997. Le champion célèbre sur la rampe d'entrée aux côtés d'un General Manager inexpressif (conséquence de la pression exercée par Vince McMahon ?) et face à un Undertaker complètement médusé. En guise de main event, nous avons donc eu droit à un beau poisson d'avril dépassant tout juste les dix minutes offert en avance à nos amis québécois dans lequel le spectacle et la qualité du combat n'auront pas été à la hauteur de cette "surprise". Remboursez !

Le top : L'Undertaker a pu rassurer les quelques fans inquiets à son égard : son problème à la hanche ne l'a pas trahi et l'homme semble encore capable d'effectuer des performances de haut niveau à l'avenir.

Le flop : Honnêtement, je suis étonné par Mark Calaway qui a accepté de participer à un scénario qui ne fera nullement plaisir au public local avec ce clin d'œil très appuyé au Montreal Screwjob, alors que lui-même était un fervent défenseur de Bret Hart en 1997... Aurait-il plié aux exigences de Vince McMahon ?

Vainqueur : CM Punk ; Note : 7/20

Conclusion

Au final, on constate que les dirigeants ont accordé beaucoup plus de temps à chaque match que d'habitude. Un combat durait ce soir en moyenne 13 minutes, et le constat est plutôt positif par rapport à ce fait. Néanmoins, plusieurs problèmes sont venus bloquer la route et empêcher Breaking Point d'atteindre la moyenne à mon égard. Tout d'abord, les scénarios mis en place pour le Pay Per View. Avant même son commencement, le spectacle avait le lourd handicap de conserver la motivation du public intacte pour ce qui représentait à 50% des matchs de Summerslam. A chaque occasion, la trame générale était donc cette fois-ci du type "Ok, j'ai perdu cette fois, mais attends voir la prochaine fois"... On a vu mieux. Quelques bonnes idées parsèment le PPV, comme la construction du match de championnat de la WWE, la victoire intelligente de Legacy ou encore le crédit accordé à William Regal. Mais en face de tout ceci nous avons un match de championnat par équipes basique, un combat organisé à la dernière minute dont la plupart des fans présents sur place n'avaient certainement même pas idée de son déroulement, un duel de géants insipide et surtout un nouveau Montreal Screwjob de très mauvais goût à travers lequel personne n'y gagne, si ce n'est Vince McMahon a du se payer une bonne tranche de rire. CM Punk a paru très faible, battu dans un premier temps très (trop) facilement par son adversaire, alors qu'il devait parachever son personnage de heel capable d'appuyer ses dires avec des actes. Le seul point positif de cette affaire est que cela nous obligera à regarder Smackdown la semaine prochaine afin d'obtenir des réponses aux questions engendrées par ce match...

Note générale : 9/20

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