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Entre Maryse et le titre des USA, le cœur de Miz balance...

Deuxième partie du dossier proposé par Nak sur les ceintures exploitées actuellement par la WWE. Le titre qui nous intéresse aujourd'hui est... Le championnat des Etats-Unis. Retour sur une histoire chargée et peu connue de tous !

Titre à l’histoire chargée et au nom évocateur, le WWE United States Championship fut l’objet de nombreuses critiques en cette année 2009. En explorant l’histoire de ce titre à travers sa création et ses détenteurs, il est vrai qu’un certain contraste apparait par rapport à sa situation actuelle.

Un peu d’histoire

Le titre des Etats Unis fut introduit en 1975 sous le nom de NWA United States Heavyweight Championship. C’est Harley Race, actuel Hall of Famer de la WWE, qui fut le tout premier détenteur de cette ceinture qu’il remporta le 1er Janvier 1975 à l’issue d’un tournoi ou il gagna la finale face à Johny Weaver. La suite est compliquée, et peut-être barbante aussi selon votre goût pour l’histoire. Je vais donc tenter de résumer le parcours chaotique de ce titre entre les années 1975 et 1988 de manière simple.

Avant tout, il faut savoir que la NWA n’était pas vraiment une fédération mais plus un regroupement d’un grand nombre de petites promotions régionales. C’est dans l’une d’elles, la Mid-Atlantic Championship Wrestling, que fut lancé à l’origine le NWA United States Heavyweight Championship. Mais si la NWA avait fait en sorte qu’une seule ceinture mondiale existe, commune à toutes les promotions qui la composent, il n’en était pas de même pour le titre des Etats-Unis. Et ainsi, beaucoup de fédérations copièrent la Mid-Atlantic Championship Wrestling (MACW) et créèrent leur propre version du titre des États-Unis, ce qui empêchait l’existence d’un champion incontesté comme c’était le cas pour le championnat du monde poids lourds. Ce désordre dura jusqu’en 1981, année ou la MACW devint l’unique fédération à posséder un titre des USA, toutes les autres ayant abandonnées le leur. Le titre fut alors le plus important de la promotion pendant quelques années. Jim Crockett, président de la MACW obtint les droits du NWA World Heavyweight Championship en 1986 et le titre US devint alors secondaire.

En 1988 la NWA fut rachetée par Ted Turner et devint la WCW. Le titre américain garda son statut secondaire et fut renommé en WCW Heavyweight United States Championship. Dans les années qui suivirent, le titre ne fut pas le plus prestigieux, ni le plus convoité mais il fut un excellent tremplin pour certains lutteurs et fut possédé par des catcheurs aujourd’hui célèbres, voir même légendaires à l’instar de Bret Hart, Roddy Piper, Ric Flair, Eddie Guerrero, Goldberg, Jeff Jarett, ou encore Lex Luger (qui à d’ailleurs le record du règne le plus long avec 523 jours). Il faut attendre le tout début du 21ème siècle et le rachat de la WCW par la WWF pour qu’un événement vienne changer la donne et bouleverser la tranquilité de ce titre.

Invasion, disparition, puis retour en grâce

Et cet événement n’est nul autre que l’Invasion ! En 2001 eut lieu une des storylines les plus connues de l’histoire du catch : celle de l’Invasion. Dans cette histoire, les lutteurs de la WCW et ceux de la WWF entraient en rivalité pour déterminer qui avait le contrôle de la WWF. Sans détailler tout cela car ce n’est pas le sujet, tout s’acheva aux Survivors Series 2001, qui présenta des matchs opposant la WWF à la WCW et ou le gagnant prenait tout (et notamment le Main Event archi-connu, un 5 vs 5 Elimination Match entre Team WWF et Team WCW ou le vainqueur remportait le contrôle de la fédération).

Un des matchs présentés durant le PPV opposait Edge, le WCW United States Champion, à Test le WWF Intercontinental Champion dans le but d’unifier les deux titres. Voici la vidéo de ce match :

Comme vous pouvez le voir, c’est Edge qui remporta la mise, unifiant les deux titres. Ceci n’aboutit pas à la création d’un nouveau championnat (à l’image du Unified Tag Team Championship d’aujourd’hui qui résulte de la fusion des deux titres Tag Team) mais conduisit immédiatement à la désactivation du WCW United States Championship. Il n’y avait plus qu’une seule ceinture secondaire à la WWF : l’Intercontinental Championship.

Il faut attendre 2003, et une décision de Stephanie McMahon (alors General Manager de Smackdown) pour que le titre US soit réintroduit dans la branche bleue en temps que titre secondaire sous le nom de WWE United States Championship. Le match qui devait décider du premier détenteur de cette ceinture nouvelle version se déroula à Vengeance 2003 et opposa Eddie Guerrero à Chris Benoit.

C’est donc Eddie Guerrero qui devint le premier champion des Etats Unis version WWE. Ce retour du titre des Etats-Unis s’avèra être une bonne idée, du moins au début…

Une ceinture désirée...

En effet, dans un premier temps ce retour va s’avérer bénéfique pour Smackdown (et la WWE en général). Ce titre ressucité permit ainsi de donner plus d’expositions à certains lutteurs et fut l’objet de belles rivalités. Celle opposant par exemple le Big Show (qui avait pris le titre à Eddie Guerrero) à John Cena : cette feud débuta au Royal Rumble 2004 lorsque le Big Show élimina Cena du Rumble alors qu'ils étaient dans les derniers survivants. La rivalité dura deux mois et se termina à Wrestlemania XX dans un match assez connu qui ne brille pas par son niveau technique mais qui possède une certaine intensité.

La fin de ce match est plutôt originale et c’est donc John Cena qui remporte le titre des Etats-Unis après une tricherie pure et simple. Oui, oui, il fut une époque ou le mot tricherie allait de pair avec le nom Cena.

Par la suite d’autres rivalités se développèrent, pour la plupart assez travaillées et intéressantes comme celle entre John Cena et Carlito par exemple. Mais on peut aussi s'intéresser à une rivalité qui eut lieu en 2005 entre Booker T et Chris Benoit. En octobre 2005, Booker T remporta le titre alors détenu par Chris Benoit. Dans un match revanche, les deux hommes livrèrent un rude combat qui se termina sur un double tombé ! Le titre fut alors déclaré vacant, et un "Best of Seven series" fut organisé entre Booker et Benoit. Le principe ? Les deux lutteurs devaient s'affronter sept fois. Celui qui gagnait le plus de match sur les 7 serait sacré champion. Les trois premiers matchs furent remportés par Booker T mais ce dernier se blessa et ne pouvait poursuivre le tournoi. Il choisit donc un lutteur pour le remplacer et catcher en son nom : Randy Orton. Le "Legend Killer" perdit les trois matchs suivants, tout devait alors se jouer dans une finale entre Orton et Benoit.

Et comme vous avez pu le voir, c'est donc Randy Orton qui remporte le match ce qui permet à Booker T de devenir champion des États-Unis. Mais la rivalité ne s'arrête pas là et Chris Benoit reprend le titre lors de No Way Out 2006 mettant ainsi un terme à une feud de plusieurs mois. Mais après cela, le titre va voir son importance diminuer de plus en plus...

Une breloque négligée

Les règnes deviennent courts, dans un premier temps. De Avril à Août 2006, 4 champions se succèdent. Cela nuit logiquement à la qualité des scénarios car les rivalités n'ont pas le temps de s'installer. Mais comme la WWE ne fait rien comme les autres, elle va alors basculer dans l'excès inverse : en octobre 2006 Chris Benoit bat Mr Kennedy et devient une nouvelle fois champion des Etats Unis. Son règne durera alors pendant 222 jours. Si la durée est grande, les matchs pour le titre se raréfient (surtout en PPV) et rendent donc le règne globalement insipide. Seule la rivalité opposant Chris Benoit à MVP restera peut-être dans les mémoires. En effet, les deux hommes entrèrent en feud au début de l’année 2007 et Chris Benoit conserva son titre à deux reprises d’abord à Wrestlemania 23, puis à Backlash. La feud s’acheva à Judgement Day, dans un « Two Out or Three Falls Match » :

MVP voyait donc ses efforts récompensés et remportait enfin le titre qu’il convoitait. Et il le gardera d’ailleurs pendant … 343 jours ! En plus d’un an et demi le titre n’aura donc changé de main qu’une seule fois. Le règne de MVP vit la tendance amorcée par Chris Benoit se poursuivre : les scénarios pour les rivalités autour du titre étaient moins poussés, les feuds moins longues et moins intenses, et les matchs en PPV de plus en plus rares. Et ces derniers possédaient souvent le même scénario : une victoire du challenger de MVP par count-out, ce qui faisait que Mr 305 conservait tout de même son bien en perdant peu à peu sa crédibilité…

C’est Matt Hardy qui mettra fin à cette domination de MVP sur la mid-card de Smackdown lors de Backlash 2008. Son règne sera de courte durée (du moins comparé aux deux précédents ). Le titre deviendra un court moment propriété de la ECW avec le Draft de Hardy dans la branche grise. Mais Smackdown le récuperera rapidement grâce à Shelton Benjamin, qui battit Matt Hardy lors du Great American Bash 2008. Le Gold Standard gardera la ceinture de champion des Etats-Unis pendant 240 jours. Ai-je besoin de vous décrire la qualité du règne ? Matchs en PPV encore plus rares, rivalités peu ou pas travaillées, etc etc…

Le titre des Etats-Unis n’est désormais plus qu’une breloque à la valeur bien basse par rapport à ses heures de gloire.

Du fond, on ne peut que remonter

Pour achever cette descente aux enfers du United States Championship, c’est MVP qui reprend le titre en Mars 2009, montrant que les choses n’ont guère évolué et que les scénaristes n’arrivent plus à innover. Son règne, court, va tout de même être marqué par un événement important : le Draft. En effet, MVP est drafté à Raw avec son titre, qui devient alors propriété exclusive de la branche rouge en lieu et place de l’Intercontinental Championship. MVP perd son titre en juin lors d’un show hebdomadaire, contre Kofi Kingston et à la surprise générale.

Le règne de Kofi va légèrement relancer le championnat des États-Unis même si beaucoup de choses n’évoluèrent guère. Ainsi on peut déplorer l’absence de véritable rivalité (matchs pour le titre sortis de nulle part) et le manque d’exposition du champion en dehors des matchs (pas de segments micros ou presque). Mais le titre redevient présent en PPV à partir de Extreme Rules 2009. A partir de là, la situation devient paradoxale : les matchs proposés en PPV impliquent souvent un grand nombre d’adversaire (Fatal-4-Way à Extreme Rules, 6 Man Pack à Night of The Champions, d’autres Fatal-4-Way ou des Triple Threat à Raw…) empêchant de construire une vraie histoire, et de ce fait une rivalité correcte. Mais ces matchs augmentent la crédibilité du champion, qui parvient toujours à se sortir de situations compliquées à l’arrachée. Les matchs en eux-mêmes ne sont pas désagréables à voir mais on sent qu’il manque un élément pour les rendre bons : de la construction. Car comme vous vous en doutez, il est difficile d’accrocher à des matchs sortis de nulle part et officialisés deux jours avant le PPV. Et de plus, le grand nombre de défenses de titres impromptues organisées à Raw n’aide pas à améliorer les choses.

Mais un semblant de rivalité va faire son apparition après Summerslam 2009 entre Kofi, Jack Swagger, et the Miz. Si le scénario n’est guère travaillé et novateur c’est la première fois qu’une feud s’installe sur une certaine durée entre Kofi et ses prétendants et c'est le signe d'une tentative de redorer un peu le blason du titre US. Lors du PPV Hell In A Cell, Kingston conserve une énième fois son titre face au Miz et à Swagger... pour le perdre le lendemain face au Chick Magnet ! Si ce choix scénaristique est d'un goût douteux on ne peut que se réjouir de la victoire de The Miz : l'homme possède un réel talent in-ring et surtout une excellente mic-skill. Cela est donc de bon augure pour la suite des événements puisque nous pouvons espérer voir les segments micros se multiplier. Il ne manque plus qu'une rivalité de bonne facture et le United States Championship pourrait peu à peu redevenir ce qu'il était.

A l'heure actuelle difficile de dire comment les choses vont évoluer. Si le Miz est toujours champion et que son exposition est augmentée par la présence de segments backstage et de discours au micro, il faut également que se développe une rivalité digne de ce nom pour renforcer la crédibilité du champion et de sa ceinture. L'adversaire du Miz pourrait être Jack Swagger, ou Evan Bourne. Ou même les deux. Les prochaines semaines nous en diront sans doute plus et même si certaines choses doivent vite s'arrêter (les défenses régulières du titre lors de Raw) l'optimiste me pousse à dire que les choses vont s'améliorer et que le pire est passé...

Nak

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