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Avec cette chaleur, un coup de ventilo ne peut pas faire de mal !

Sur Catch Addict, les lecteurs ont la parole ! Aujourd'hui, Sharpshooter nous écrit un article sur la très controversée fédération CZW, réputée pour sa violence sans limite... Mais saviez-vous que cette compagnie ne se résumait pas qu'à cet aspect ? Lisez la suite pour le découvrir...

La ECW originale disparue en 2001, le catch américain perdait sa fédération hardcore et cette disparition laissait un grand vide dans le cœur des fans d'un catch non seulement violent mais qui savait aussi surprendre par son contenu parfois très technique. Comme l'a montré l'article précédent de Leo_HBK, la ECW était capable de proposer des matchs violents et ultra-spectaculaires mais aussi des rencontres à haut niveau technique. En parallèle de la faillite de cette dernière se développait peu à peu une fédération indépendante, la Combat Zone Wrestling (ou CZW). Elle revendique un catch encore plus violent que celui de la ECW originale, ne reculant devant aucun moyen pour assurer des rencontres où le sang coulait à flots. Cela lui vaut de nos jours la réputation d'une fédération de casse-cous, ce qui n'est pas sans diviser l'avis des connaisseurs. Certes si les reproches concernant son ultra-violence et l'inconscience de ses catcheurs qui à chaque combat risquent leur carrière sur le ring sont légitimes, il ne faut pas réduire la CZW uniquement à cela. La CZW propose aussi, comme la ECW originale, un autre type de catch plus conventionnel qui fait la réputation de cette fédération, l'une des plus grosses du circuit indépendant. Cet article va donc essayer de remettre les choses au clair et d'offrir une vue d'ensemble sur ce qu'est réellement la CZW.

Un peu d'histoire pour commencer

Tout commence en 1998 : à l'époque, un jeune électricien du New Jersey, John Zandig, a l'idée de fonder sa propre école de catch où il accueille quelques-uns des premiers catcheurs qui composeront la CZW : Lobo, Nick Gage, Justice Pain et Ric Blade. Dès le début de l'année suivante la CZW commence à organiser des petits shows locaux toujours dans l'état du New Jersey et dans celui du Delaware. Déjà un seul credo : l'outrance dans la violence! En effet, ils n'hésitaient pas à recourir à toutes les armes qui leur tombaient sous la main : échelles, tables, punaises, fil de fer barbelé, objets enflammés, et bien entendu les néons, qui composeront une partie de l'identité de la fédération. La fédération prend peu à peu de plus en plus d'importance, surtout aux yeux des fans de la ECW originale, ECW déjà sur le déclin, qui apprécient son caractère spectaculaire, ses spots sanglants et son goût pour l'utilisation d'objets (preuve du lien entre les deux fédérations, la troisième édition du Cage of Death eut lieu dans la célèbre ECW Arena de Philadelphia). Afin de gagner en popularité, la CZW signa en 2000 des accords avec la Big Japan Pro Wrestling, fédération japonaise spécialisée dans les Deathmatchs et autres stipulations hardcore. Une partie des catcheurs de la CZW apparaissait alors dans les shows japonais en tant que « CZW Warriors » : Wifebeater, Nick Gage, Mad Man Pondo, Justice Pain, Nate Hatred, Ruckus, et bien sûr John Zandig. Ce n'est pas un hasard : ils seront les têtes d'affiche des premières années de la fédération. Les accords furent rompus pour des raisons obscures fin 2001, à la suite d'un incident lors d'un match entre Wifebeater et Ryuji Yamakawa. En parallèle des accords avec la BJPW, la fédération organisait son premier PPV, They Said It Couldn't Be Done, dont le main event aurait dû opposer deux légendes du hardcore, Terry Funk et Atsushi Onita, avant que ce dernier n'annule sa participation (on assista donc comme main event à un 200 Light Tubes Match entre Wifebeater et Nick Gage). Néanmoins face à ce parti pris dangereux, les autorités politiques ont réagi : fin 2002, la CZW était obligée de limiter l'usage des néons suite à une restriction de la Commission athlétique de l'État de Pennsylvanie. A la même époque la fédération s'engageait dans une guerre contre deux concurrentes, la Xtreme Pro Wrestling (XPW) et la Pro-Pain Pro Wrestling (3PW) afin de déterminer laquelle succéderait à la ECW comme fédération hardcore principale aux États-Unis : on parla à ce sujet des Indy Wars, remportées a posteriori par la CZW, car la XPW ferma ses portes en avril 2003 et la 3PW en 2005. Poursuivant sa filiation avec la ECW originale (la CZW est désormais basée à Philadelphie, capitale américaine du catch hardcore), la fédération tissa des liens avec une autre célèbre fédération indépendante, la Ring of Honor (ROH) pour le tournoi Cage of Death VII en 2005. A ce titre de nombreux catcheurs de ROH ont fait des apparitions à la CZW.

Une fédération hardcore? Oui, mais pas que...

Si vous avez vu le très bon film The Wrestler de Darren Aronofsky avec Mickey Rourke, vous vous souvenez certainement que la scène du combat au début du film entre Randy « The Ram » Robinson et Dylan Summers (incarné par Necro Butcher, un vrai catcheur évoluant aujourd'hui à la Ring of Honor) choque par son caractère violent (on voit par exemple Rourke planter des agrafes sur le visage de son adversaire). Là réside l'essence de la fédération : un catch cent fois plus extrême qu'à la ECW originale. Surtout dans les premières années de la CZW, les catcheurs ne reculaient devant aucune manœuvre spectaculaire pour satisfaire les amateurs de spots hardcores et sanglants. C'est cette réputation sulfureuse qui construit aussi l'image parfois négative que donné la CZW : celle d'une association de casse-cous inconscients qui se réunissent dans des installations à la sécurité douteuse (Tournament of Death VIII était organisé dans une forêt à plusieurs kilomètres de tout hôpital). Bref pour eux on se rapprocherait plus de Jackass que d'un vrai match de catch. Les accidents impliquant des catcheurs ont été en effet fréquents depuis les débuts de la fédération, le dernier en date impliquant l'une des figures majeures de la compagnie, Nick Gage, qui s'est entaillé une artère au niveau de la hanche, occasionnant une plaie sur plus de trente centimètres à cause d'un néon éclaté. Le show annuel Tournament of Death est à ce titre celui qui va le plus loin dans ce côté hardcore, tous les matchs étant des Deathmatchs aux stipulations aussi alambiquées que dangereuses : No Rope Barbed Wire Fire Deathmatch, Fans bring the Weapons Match, Lighttube Ropes & Corners, la plus folle que je connaisse étant No Rope Barbed Wire, Electrified Light Bulbs, Electrified Light Tubes, Barbed Wire Boards, Carribean Spider Web Glass, House of Pain, Lobsters. Voici un exemple de ce que la CZW peut offrir de plus extrême avec un Deathmatch opposant « Sick » Nick Mondo (retraité à 25 ans à cause de ses multiples blessures) à John Zandig à Tournament of Death II. Attention le contenu de ce match est très violent et je conseille aux âmes sensibles d'éviter de regarder ces vidéos.

Pour autant, la plupart des détracteurs de la CZW ignorent que la CZW, ce n'est pas uniquement une bande de dégénérés qui se mettent en danger de mort à force de s'éclater des néons sur le coin du nez. Conscients du danger que peut représenter une telle réputation aux yeux du public, la CZW a pris rapidement le parti de développer, un peu à l'image de la TNA, sa catégorie poids-moyens en proposant un catch radicalement différent, fondé sur des matchs très techniques qui ont fait de la CZW une fédération reconnue comme l'une des meilleures du circuit indépendant. Et cela avant même la création du Tournament of Death. Son partenariat avec ROH a ainsi permis de mettre en valeur les catcheurs de cette catégorie en leur permettant d'affronter des catcheurs aussi reconnus que Kevin Steen, El Generico, Claudio Castagnoli, les Briscoe Brothers, Roderick Strong ou encore un certain Austin Aries ! La renommée de cette division, qui s'exprime dans l'événement annuel Best of the Best, a ainsi permis de voir s'exprimer des catcheurs évoluant aujourd'hui ou ayant évolué à la TNA comme Amazing Red, Homicide, Alex Shelley, Petey Williams et surtout Sonjay Dutt, vainqueur de la quatrième édition du tournoi. A noter aussi que Charlie Haas a débuté avec son frère à la CZW. Les vidéos de la CZW étant très rares sur les plateformes de streaming, je n'ai pas pu trouver beaucoup de matchs à vous faire partager. Voici deux exemples de matchs, l'un opposant Excalibur à El Generico et l'autre opposant Sabian (vainqueur du BOTB VIII) à B-Boy (vainqueur du BOTB III), les deux combats ayant eu lieu à Best of the Best 5 :

La CZW nous offre donc deux visions du catch différentes : une violente et extrême et l'autre technique et acrobatique. On obtient donc une fédération à deux visages, deux visages que l'on retrouve dans le Cage of Death, l'événement annuel le plus important de la fédération, où les matchs normaux côtoient un main event ultraviolent se déroulant dans une cage, à l'image de la toute première édition, opposant Justice Pain à Lobo :

La CZW ne doit donc pas être uniquement réduite à ce que ses détracteurs dénoncent : c'est une des fédérations indépendantes majeures offrant une grande variété de matchs, allant du plus extrême au plus technique, ce qui a fait d'elle la digne héritière d'une ECW originale qui n'a pour autant jamais trouvé de remplaçante dans le cœur de ses fans.

Quelques informations sur la fédération

Il y a actuellement cinq championnats défendus à la CZW :
  • le championnat du monde poids lourd, détenu par Drake Younger
  • le championnat Iron Man, détenu par Egotistico Fantastico
  • le championnat du monde junior, aussi détenu par Egotistico Fantastico
  • le championnat du monde par équipe, détenu par The Best Around (TJ Cannon and Bruce Maxwell)
  • et enfin le championnat Ultraviolent Underground, détenu par Danny Havoc

Le championnat Death Match est un championnat qui n'est plus mis en jeu depuis août 2003 : le dernier champion en date était Nate Hatred.

En plus des trois événements évoqués dans l'article, la compagnie organise aussi des PPV épisodiques, à la manière de l'ancienne ECW.

Il existe depuis 2004 un CZW Hall of Fame dont les deux premiers membres sont Lobo et « Sick » Nick Mondo (un de mes préférés)

Dans le CZW Alumni on retrouve des noms aussi connus que AJ Styles, les Motor City Machineguns, Amazing Red, Balls Mahoney, Austin Aries, Charlie Haas, Colin Delaney, les membres de Steenerico, les LAX, CM Punk, Jay Lethal, les Briscoe Brothers, Jerry Lynn, Justin Credible, Juventud Guerrera, Low Ki, Petey Williams, Sabu, Sandman, Sonjay Dutt, Spike Dudley, Super Crazy, Tajiri, Tatanka, Tommy Dreamer et même Mickey Rourke ! Autant de grands noms qui ont côtoyé cette fédération qui ne cesse ces dernières années de prendre de l'importance, tout en restant bien en retrait par rapport aux fédérations principales que sont la WWE, la TNA et dans une moindre mesure ROH.

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